Coupure du gaz russe : ça va faire mal ?

13 juillet 2022 à 06h09 - 104 vues

Europe va manquer de gaz cet hiver ? La tension est encore montée d’un cran avec la fermeture depuis ce lundi du gazoduc Nord Stream 1, qui relie la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique.

En raison d’opérations de maintenance annoncées, la société Gazprom a coupé le principal canal d’approvisionnement en gaz russe de l’Allemagne et d’une partie du reste de l’Europe occidentale. Les travaux doivent durer une dizaine de jours, mais les Européens sont inquiets. Vladimir Poutine va-t-il prétexter de difficultés techniques pour couper complètement le robinet du gaz, alors que depuis quelques semaines, la Russie avait déjà réduit de 60 % les volumes acheminés par Nord Stream ?

« Nous sommes confrontés à une situation inédite, tout est possible », a reconnu le vice-chancelier Allemand Robert Habeck au cours du week-end. La menace est prise très au sérieux. En France, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a été on ne peut plus clair dimanche, lors des rencontres économiques d’Aix-en-Provence : « Préparons-nous à la coupure totale du gaz russe, c’est aujourd’hui l’option la plus probable. »

Quelle en serait la conséquence ? Si après les avoir restreintes, Moscou décidait de stopper totalement ses exportations de gaz, l’Union européenne, prise dans son ensemble, n’aurait pas d’autre solution que de réduire fortement sa consommation, d’environ 15 % selon une analyse publiée le 7 juillet par Bruegel, un think tank spécialisé sur l’économie du Vieux Continent. Et encore, à condition que les conditions climatiques cet hiver restent dans la normale.

Impacts différenciés

Cette évaluation montre surtout combien les impacts d’une fermeture du robinet russe seraient très différents d’un Etats membre à l’autre. Ainsi, selon Bruegel, la France, l’Espagne et le Portugal pourraient échapper à des pénuries physiques et donc des restrictions d’ici au printemps prochain, à la différence des autres pays, dont la dépendance gazière vis-à-vis de la Russie est autrement plus importante, qu’ils soient petits ou gros consommateurs.

Avant la guerre en Ukraine, la Russie fournissait un peu plus de 40 % de ses importations de gaz à l’UE, sachant que le gaz contribue au cinquième de la consommation énergétique des Vingt-Sept et qu’il est importé à 85 %. Mais cette dépendance varie fortement entre Etats membres. La France, cinquième importateur de gaz russe, loin derrière les autres, dépendait de la Russie à 19 % pour ses approvisionnements gaziers.

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